Voiture électrique vs thermique : laquelle pollue vraiment le plus ?
Le débat autour des voitures électriques et thermiques fait rage. Certains y voient une solution miracle contre le réchauffement climatique, d’autres dénoncent un simple déplacement du problème. Mais qu’en est-il vraiment ? Regardons les faits.
Fabrication : une empreinte carbone plus élevée pour l’électrique
Si on compare la production d’un véhicule thermique et d’un électrique, le constat est clair : fabriquer une voiture électrique nécessite plus d’énergie et de ressources. Pourquoi ? Principalement à cause de la batterie.
Les batteries lithium-ion, omniprésentes dans les véhicules électriques, nécessitent l’extraction de métaux rares comme le lithium, le cobalt et le nickel. L’extraction et le raffinage de ces matériaux consomment énormément d’eau et d’énergie, notamment en Chine, où l’électricité vient encore largement du charbon.
En revanche, une voiture thermique demande moins de ressources à produire, mais ce sont ses émissions sur la durée qui posent problème.
Utilisation : l’avantage bascule en faveur de l’électrique
Là où l’électrique reprend l’avantage, c’est durant sa phase d’utilisation. Contrairement aux moteurs thermiques qui brûlent du carburant (essence ou diesel), les moteurs électriques n’émettent pas de CO2 ni de particules fines à l’échappement.
Mais tout dépend de la source de l’électricité utilisée. En France, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, une voiture électrique peut rouler avec une empreinte carbone minimale. Aux États-Unis ou en Chine, où le mix énergétique est plus carboné, l’impact reste plus élevé – mais toujours inférieur à un véhicule thermique sur le long terme.
Le défi du recyclage
Un autre point sensible concerne la fin de vie des véhicules. Recycler une voiture thermique est bien maîtrisé : l’acier, l’aluminium, et même certains plastiques sont récupérés et réutilisés.
Pour les batteries, c’est encore un défi. Aujourd’hui, seule une petite partie des batteries lithium-ion est recyclée efficacement. Cependant, des entreprises innovent pour réutiliser ces batteries dans le stockage d’énergie ou pour développer des procédés de recyclage plus efficaces.
Pollution invisible : fabrication et transport du carburant
Si l’on s’intéresse au cycle de vie complet, il faut aussi prendre en compte la pollution engendrée par l’extraction, le raffinage et le transport du pétrole. L’industrie pétrolière a un impact environnemental massif : marées noires, émissions lors du raffinage, et transport par camions ou pipelines…
À l’inverse, produire de l’électricité renouvelable (solaire, éolienne, hydraulique) a une empreinte carbone bien plus faible sur le long terme.
Les véhicules électriques sont-ils réellement plus écologiques ?
Si on fait le bilan général, la voiture électrique s’en sort mieux que la thermique sur toute la durée de vie du véhicule. Oui, elle pollue plus à la fabrication, mais grâce à son utilisation sans émission directe et à un mix électrique de plus en plus décarboné, elle compense rapidement cette empreinte initiale.
En moyenne, selon plusieurs études, une voiture électrique devient plus propre qu’une thermique après 30 000 à 50 000 km parcourus. Pour une voiture qui va rouler plus de 200 000 km, l’avantage est indéniable.
Des technologies encore en évolution
Le secteur évolue rapidement. De nouvelles batteries moins polluantes (sans cobalt ou lithium) sont en développement, ainsi que des process de recyclage plus efficaces. De l’autre côté, les moteurs thermiques deviennent de plus en plus efficients, avec des émissions réduites.
Mais une chose est certaine : l’avenir de la mobilité sera électrifié, d’une manière ou d’une autre. Reste à savoir à quelle vitesse l’industrie – et les infrastructures – s’adapteront.